Découvrez l'EIRL en 10 points

Qu’est ce que l’EIRL ?

L’EIRL permet à tout entrepreneur individuel, créateur ou qui exerce déjà une activité commerciale, artisanale, libérale ou agricole, quel que soit son chiffre d’affaires :

  • de protéger ses biens personnels des risques liés à son activité professionnelle, notamment en cas de faillite, en affectant à son activité professionnelle un patrimoine (le « patrimoine affecté ») ; les créanciers professionnels de l’entrepreneur individuel ne peuvent poursuivre que le patrimoine affecté tandis que les autres créanciers ne peuvent poursuivre que le patrimoine non affecté,
  • sur option, d’acquitter l’impôt sur les sociétés sur les bénéfices dégagés par son activité.

Les auto-entrepreneurs peuvent recourir à l’EIRL, au même titre que tout entrepreneur individuel. Les personnes exerçant leur activité sous forme de société sont en revanche exclues.

Grâce à ce nouveau régime :

  • l’entrepreneur individuel n’est pas tenu de créer une société pour protéger son patrimoine et sa famille,
  • l’esprit d’entreprise est encouragé, en évitant que la faillite d’une entreprise soit synonyme de ruine personnelle et familiale.

Comment créer l’EIRL ?

En effectuant une simple déclaration d’affectation auprès :

  • du registre du commerce et des sociétés auquel vous êtes immatriculé, si vous exercez une activité commerciale,
  • du répertoire des métiers auquel vous êtes immatriculé,si vous exercez une activité artisanale,
  • du registre de votre choix, si vous êtes immatriculé à la fois au registre du commerce et des sociétés et au répertoire des métiers,
  • du registre spécial des agents commerciaux auquel vous êtes immatriculé, si vous êtes agent commercial,
  • du registre spécial des EIRL, tenu au greffe du tribunal statuant en matière commerciale du lieu de votre principal établissement, si vous n’êtes pas tenu de vous immatriculer à un registre de publicité légale (c’est-à-dire si vous exercez une activité libérale ou si vous êtes auto-entrepreneur dispensé d’immatriculation),
  • du registre de l’agriculture de la chambre d’agriculture compétente, si vous êtes exploitant agricole.

Si vous créez une activité, vous pourrez également effectuer cette déclaration par Internet, directement à partir du site www.guichet-entreprises.fr.

Que comporte la déclaration d’affectation ?

La déclaration d’affectation comporte notamment :

  • la liste du patrimoine que l’entrepreneur affecte à son activité professionnelle (biens, droits, obligations ou sûretés), en nature, qualité, quantité et valeur,
  • l’objet de l’activité professionnelle.

Vous devez affecter les biens nécessaires à votre activité professionnelle (par exemple, un fonds de commerce, un brevet, des matériels et outillages spécifiques à votre activité professionnelle). Vous pouvez aussi affecter les biens utilisés pour l’exercice de votre activité professionnelle (par exemple, les biens à usage mixte). Vous ne pouvez pas affecter des biens qui ne sont ni nécessaires ni utilisés pour l’exercice de votre activité professionnelle.

Un modèle de déclaration d’affectation est mis à disposition des entrepreneurs au lieu de dépôt de la déclaration d’affectation et sur ce site ou le site www.guichet-entreprises.fr. Ce modèle est facultatif

Existe-t-il des formalités supplémentaires à accomplir ?

Oui, mais uniquement si vous affectez au patrimoine professionnel certains types de biens :

  • un bien immobilier : il est nécessaire d’avoir recours à un notaire pour l’affectation ; le notaire procèdera à la publicité foncière,
  • un bien d’une valeur supérieure à 30 000 euros : il est nécessaire de faire évaluer le bien par un commissaire aux comptes, un expert-comptable, une association de gestion et de comptabilité ou bien un notaire (uniquement s’il s’agit d’un bien immobilier),
  • un bien commun ou indivis : il est nécessaire d’obtenir l’accord de votre conjoint ou des coindivisaires. 

Un modèle d'accord est mis à disposition des entrepreneurs au lieu de dépôt de la déclaration d'affectation et sur ce site ou www.guichet-entreprises.fr. Ce modèle est facultatif

Quel est l’impact de l’EIRL sur les créanciers ?

La séparation du patrimoine opérée par l’EIRL produit les effets suivants :

  • le patrimoine affecté est le gage des seuls créanciers professionnels de l’entrepreneur,
  • le patrimoine non affecté est le gage des seuls créanciers personnels de l’entrepreneur.

Attention : la séparation du patrimoine ne produit d’effet de plein droit qu’à l’égard des créanciers dont les droits sont nés après le dépôt de la déclaration d’affectation

  • les créanciers dont les droits sont nés avant le dépôt de la déclaration d’affectation continuent de pouvoir appréhender la totalité du patrimoine de l’entrepreneur (affecté et non affecté) sauf si vous décidez de leur rendre opposable la déclaration d’affectation. Dans ce cas, vous devez informer individuellement les créanciers antérieurs qui peuvent faire opposition à ce que la déclaration d’affectation leur soit opposable. Une décision de justice viendra décider si l’opposition du créancier est acceptée ou non. L’opposition du ou des créancier(s) antérieur(s) n’empêche pas la création de l’EIRL.

Le patrimoine affecté peut-il évoluer ?

Oui, comme tout patrimoine, en fonction des opérations que vous effectuez (achats, ventes, fabrications, investissements). La somme obtenue par la cession d’un bien figurant dans le patrimoine professionnel restera dans le patrimoine professionnel.

Si vous affectez en cours de vie de l’EIRL de nouveaux biens dont vous êtes titulaire (bien immobilier, bien d’une valeur supérieure à 30 000 euros ou bien commun ou indivis), vous devez respecter les formalités particulières visées au point 4 (de l'EIRL en 10 points) et déposer une déclaration modificative au lieu de dépôt de la déclaration d'affectation. Dans les autres cas d'affectation, vous n'avez pas de déclaration complémentaire à effectuer. 

Le bilan annuel de l’EIRL (ou le relevé pour le micro-entrepreneur) permet aux créanciers de suivre chaque année la composition et la valeur du patrimoine affecté.

Quelles sont les obligations comptables de l’EIRL ?

L’activité professionnelle de l’EIRL est soumise à une comptabilité autonome, suivant les règles applicables aux commerçants. Si vous êtes auto-entrepreneur, vous êtes tenu à des obligations comptables simplifiées.

Vous devez faire ouvrir un ou plusieurs compte(s) bancaire(s) exclusivement dédié(s) à l'activité professionnelle de l'EIRL.

Vous devez également effectuer la tenue d'une comptabilité commerciale autonome ou une comptabilité simplifiée en tant qu'auto-entrepreneur (tenue d'un livre des recettes et éventuellement d'un registre des achats).

Enfin, vous êtes tenu de déposer chaque année votre bilan (relevé dans le cas d'une Micro-entreprise) au lieu de dépôt de la déclaration d'affectation.

Quel est le régime fiscal de l’EIRL ?

Le régime fiscal de l’EIRL reprend celui de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ou de l’EARL (exploitation agricole à responsabilité limitée). l’EIRL a désormais le choix entre le régime de l’impôt sur le revenu et celui de l’impôt sur  les sociétés :

  • le régime de l’impôt sur le revenu s’applique en principe : le bénéfice fiscal réalisé par l’EIRL est imposable selon les règles applicables à la catégorie des revenus correspondant à la nature de l’activité exercée (commerciale, non commerciale ou agricole). Les EIRL à l'impôt sur le revenu sont traitées comme des entreprises individuelles classiques;
  • le régime de l'impôt sur les sociétés s'applique lorsque l'exploitant opte pour son assimilation à une EURL, ce choix valant option pour l'impôt sur les sociétés. Cette option est irrévocable. Le bénéfice réalisé par l'EIRL est alors taxé dans les mêmes conditions que l'EURL ayant opté pour l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 38 120 euros et 33,33 % au-delà. Dans ce cas, vous pouvez rester adhérent à votre centre de gestion agréé ou à votre association agréée et vous bénéficierez d’une prescription de contrôle fiscal abrégée (2 ans).

Attention : l’auto-entrepreneur ne peut pas opter pour l’impôt sur les sociétés car il relève du régime fiscal de la microentreprise.

Quel est le régime social de l’EIRL ?

Le régime social de l’EIRL varie selon votre choix fiscal :

  • si vous êtes assujetti à l’impôt sur le revenu : les cotisations sociales sont dues sur le bénéfice de l’EIRL, selon le régime applicable aux entrepreneurs individuels,
  • si vous avez opté pour l’impôt sur les sociétés, les cotisations sociales sont dues sur votre rémunération et les bénéfices que vous vous distribuez sont soumis à cotisations sociales pour leur part qui dépasse 10 % de la valeur du patrimoine affecté ou 10 % du bénéfice si ce dernier montant est supérieur. Les bénéfices que vous laissez dans l’entreprise ne sont pas soumis à cotisations sociales.

L’EIRL en difficulté

Une adaptation du code de commerce et du code de la consommation est intervenue pour permettre à l’entrepreneur ayant opté pour le statut de l’EIRL de bénéficier :

  • de l’ensemble des procédures relatives aux difficultés des entreprises (prévention des difficultés des entreprises, mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, redressement judiciaire et liquidation judiciaire), en ce qui concerne son activité professionnelle,
  • de la procédure de surendettement des particuliers, en ce qui concerne son patrimoine non affecté.
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